EXPOSTION

SCULPTRICES D'AUJOURD'HUI,
hommage à Camille Claudel

du 4 avril au 31 mai 2026

Au Château de l’Islette, lieu profondément lié à la création de Camille Claudel, quatre sculptrices contemporaines sont réunies pour faire dialoguer leurs œuvres avec une mémoire encore vive.

À travers cette exposition, le château souhaite mettre en lumière une pratique exigeante, à la fois physique et sensible, où la matière, le geste et le temps engagent pleinement le corps et l’émotion.

Dans ce lieu chargé d’histoire, où furent conçues notamment La Valse, cette présentation fait écho à des thèmes essentiels dans l’œuvre de Camille Claudel : le couple, dans sa tension et sa fusion ; les mains comme langage de l’émotion ; la danse et le mouvement suspendu du corps ; le portrait d’enfant, entre fragilité et vérité ; ainsi que la nature et la rivière, que l’artiste aimait dessiner lors de ses séjours à l’Islette.

Au-delà des formes, cette exposition s’inscrit dans l’héritage d’une liberté conquise et d’une intensité du regard. Camille Claudel a profondément renouvelé la sculpture par une approche plus vive et plus expressive du corps et de la matière, donnant naissance à un modelé nerveux et habité, en rupture avec les codes académiques de son époque.

Cet hommage se veut vivant : non pas une imitation, mais une résonance ; non pas une répétition, mais une continuité. Il invite à ouvrir un dialogue entre hier et aujourd’hui, entre mémoire et création contemporaine.

Le Château de l’Islette est heureux d’accueillir cette exposition et de faire vivre, à travers elle, un lieu où la création continue de s’exprimer et de dialoguer avec son histoire.

Les sculptrices

Marie-Ève Breguet
Pocé-sur-Cisse (37)

« Sculpter ou danser, c’est comme parler en silence »

C’est dans son atelier d’Amboise que Marie-Ève Breguet s’adonne à sa passion avec sensualité.
Pour elle, la sculpture, c’est comme son autre passion, la danse classique : une recherche constante de perfection et de beauté.

Faire et défaire en se heurtant à la matière, à la recherche d’équilibre et d’harmonie, est une détente heureuse pour elle depuis ses premiers pas dans la sculpture en 2009 dans l’atelier de la sculptrice Nimoise Cathray, afin d’acquérir les bases du modelage.

Marie-Ève passe avec bonheur du silence de son atelier au vacarme de la fonderie lorsque le bronze en fusion vient épouser les moindres détails de son travail.

Depuis 2 ans, elle évolue vers le « Pas de Deux », où ses couples de danseurs mêlent la grâce, la sensualité et l’émotion.

La vie et l’œuvre de Camille Claudel l’ont toujours fascinée, exposer à l’Islette est pour elle un vrai bonheur.

Sarah Scouarnec
Amboise (37)

« Ma sculpture est poético-surréaliste. »

Le parcours de Sarah Scouarnec s’est construit dans l’ombre des œuvres et de leur présence silencieuse. Pendant plus de vingt ans, elle a été conceptrice lumière pour le cinéma, le théâtre et la muséographie, notamment au Musée Rodin et au Musée Camille Claudel.

Issue d’un univers artistique et mariée à un sculpteur, elle a toujours évolué au contact de la création. En 2021, le travail de la terre s’impose naturellement à elle, comme un prolongement de ce parcours.

Son œuvre explore une dimension poético-surréaliste centrée sur la figure humaine, révélant états intérieurs et métamorphoses. Nourrie par le surréalisme et le symbolisme, elle interroge le lien à la nature, le rêve et la puissance féminine.

Ses mains expressives, en écho à Camille Claudel, témoignent de l’influence de cette dernière et d’Auguste Rodin, figures fondatrices de son apprentissage.

À travers cet hommage, elle propose des sculptures inspirées de thèmes qui lui sont chers : la main, l’amour, l’enfance et la mythologie.

Flo de M.
Pont-de-Ruan (37)

Flo de M., après avoir fréquenté plusieurs ateliers en amateur, a fait une reconversion professionnelle en 2018 pour s’adonner avec passion à la sculpture. Elle réalise, à partir du modelage de la terre, de la cire ou parfois du plâtre, des terres cuites et des bronzes.

Ses thèmes de prédilection sont la maternité, l’enfance, la danse, la plage, la lecture, ce dernier thème lui ayant permis de créer pendant plusieurs mois des personnages lecteurs de tous âges, mettant en valeur le plaisir de lire et les interactions autour du livre.

Flo de M. cherche avant tout à transmettre, au travers de ses personnages, ce qui l’émerveille ou l’émeut : la tendresse d’un geste, la beauté d’une attitude, la fugacité d’un mouvement, les liens entre 2 ou 3 personnages…

Florence de Flaghac,
Nom d’artiste : Chésade,
Sainte-Maure-de-Touraine (37)

Née en 1960 à Paris, Chésade découvre dès l’âge de douze ans le modelage et le plaisir de la terre glaise à l’atelier des Arts Décoratifs. À l’adolescence, elle enrichit sa formation par l’apprentissage du dessin classique à la Grande Chaumière. Après des Classes Préparatoires Littéraires puis un passage par Sciences Po, elle intègre l’École des Beaux-Arts de Paris (ENSBA), où elle se spécialise en sculpture dans l’atelier « modèle vivant » terre et bronze de Calka.

Son travail, centré sur des pièces uniques en bronze, attire rapidement l’attention de collectionneurs privés. Ses œuvres sont aujourd’hui présentes en France, en Grande-Bretagne, à Genève, mais aussi aux États-Unis, au Japon et en Australie.

Ses sujets de prédilection s’articulent autour de la figure humaine, enrichis par une sensibilité particulière pour la sculpture animalière. Son style s’inscrit dans une démarche contemporaine expressionniste. Chésade développe une sculpture « paysage », à la fois tactile et narrative, où le fragment réintroduit mystère et sens dans les figures. Son approche renouvelle également le travail du bronze grâce à un retour au matériau brut et primitif, et à une technique directe à la cire qui privilégie l’énergie du geste et la finesse du détail. L’ensemble est sublimé par des patines subtiles, aux tonalités claires et chaleureuses.